Stress Oxydatif (Cardiovasculaire – vitamine – minéraux)
Quel est le rôle des radicaux libres et quelles sont les conséquences du stress oxydatif sur les sportif ?
(D’après l’article du Dr Christopher Hausswirth Laboratoire de biomécnique et physiologique Insep, Paris)
QU’EST CE QUE LE STRESS OXYDATIF ?
Le corps produit naturellement des radicaux libres qui sont responsables d’une oxydation irréversible des cellules. Ce sont des composés qui se forment dans l’organisme secondairement à une reduction partielle de l’oxygène.
Parmi les pincipaux, citons l’anion superoxyde, le radical peroxyde, le peroxyde d’hydrogène.
Tous ont une forte réactivité et enclenchent une cascade de réaction par échange d’électrons. Ainsi de nombreuses espèces radiculaires peuvent se former.
Le processus de formation des radicaux libres est physiologique puisqu’il permet de lutter contre différentes agressions, notamment microbiennes. En revanche, ceux-ci, produis en trop grande quantité ont des effets particulièrement délétères en augmentant le vieillissement cellulaire par altération des acides nucléiques, des membranes cellulaires et en majorant l’athérothrombose avec son cortège de maladies cardiovasculaires.
Ainsi lorsque l’organisme n’est plus capable de contrôler la production des radicaux libres et que les mécanismes protecteurs sont dépassés, on parle de stress oxydatif.
Certains facteurs, tels qu’un environnement défavorable (pollution, fumée, tabac, alimentation déséquilibrée..) mais également, paradoxalement, l’effort physique, peuvent augmenter les quantités de radicaux libres.
Ainsi même si le système de défense enzymatique anti-oxydant augmente chez l’athlète, l’effort physique intensif peut rapidement excéder ces mécanismes de défense.
Lors de l’exercice physique, la dépense énergétique s’accroît et les vitesses des réactions oxydatives s’accélèrent, phénomène qui persiste plus ou moins longtemps après l’arrêt de l’exercice.
On estime qu’au niveau des muscles actifs et du cœur, la consommation d’oxygène augmente de 100 à 200 fois par rapport à la situation de repos, avec une augmentation proportionnelle à la formation de radicaux libres oxygénés.
LES MOYENS DE DEFENSES
Ils sont à la fois endogènes et exogènes
Les moyens de défense endogènes :
- L’organisme, physiologiquement, possède ses propres moyens de défense anti-oxydants. Ce sont des enzymes. Parmi les plus connues, citons :
- glutathion peroxydase (GPX)
- superoxyde dismutase (SOD)
- catalase
Les moyens de défense exogènes :
Avant tout, il s’agit de bien orienter l’alimentation vers des apports en micro-nutriments anti-oxydants qui agissent en synergie.
- La vitamine E : elle protège les membranes cellulaires. Elle est le principal anti-oxydant liposoluble.
- La vitamine C : anti-oxydant efficace qui permet de piéger de nombreux radicaux libres.
- Le ß-carotène : pro-vitamine A, agent protecteur efficace contre les radicaux libres.
- Le sélénium : anti-oxydant dont l’organisme ne peut pas se passer puisqu’il est indispensable à l’action de la glutathion peroxydase et à celle de la vitamine E.
- Le zinc : intervient au niveau des membranes cellulaires et permet la stabilisation de la superoxyde dismutase.
Les apports de ces vitamines et minéraux sont souvent insuffisants et les besoins accrus. L’alimentation doit donc être suffisamment adaptée et une supplémentation bien ciblée peut permettre de rétablir selon les circonstances une optimisation des défenses anti-radicalaires. En effet, les radicaux libres agressant les membranes cellulaires, favorisent des lésions telles que les tendinites à répétition ou les déchirures musculaires.
On a pu d’ailleurs constater les effets d’une complémentation en anti-oxydants sur les marqueurs du stress oxydatif lors du Marathon des Sables en 2002 (étude en cours de publication). Cette épreuve consiste en une répétition de courses de longues durées, pendant 7 jours, dans le désert marocain et en autosuffisance alimentaire.
Cette étude a été réalisée auprès de 17 athlètes répartis au hasard dans 2 groupes : un groupe placebo (7 sujets) et un groupe complémenté (10 sujets).
La complémentation a été de 3 comprimés d’Isoxan Endurance pendant les 21 jours précédents le départ et pendant les 7 jours de la compétition. Il a été constaté une augmentation significative du malonedialdéhyde plasmatique (MDA), marqueur du stress oxydatif, uniquement chez les sujets du groupe placebo à J+3 comparé au groupe complémenté et un MDA identique dans les 2 groupes à J+7.
Quant à la fatigue subjective (score de borg), elle est significativement plus élevée chez les sujets du groupe placebo à J-2. Il paraît donc logique d’insister sur un apport accru en vitamines et oligo-éléments anti-oxydants chez le sportif lorsqu’il est soumis à un régime d’entraînement intensif.